Chimineks

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mercredi 11 mars 2009

Vitesse et précipitation

Il y a quelques jours encore, je m'enorgueillissais de me contenter d'un téléphone mobile antique, même pas pourvu d'un appareil photo, c'est dire la vétusté du machin, arguant du fait que pour moi, tout ce qui importait était de pouvoir téléphoner avec. Et puis, il y a eu mes vacances au ski. Et là, tout a changé. Ma vision du monde s'est trouvé chamboulée par un événement qui laissera de marbre les plus férus de technologie, mais qui a radicalement altéré mon point de vue. Comme quoi, on peut changer d'avis.

Chaque année, la fin du mois de janvier est synonyme de bonnes nouvelles financières pour moi. En effet, en raison d'un temps de travail plus ou moins variable d'un mois sur l'autre, je suis soumis au régime de l'annualisation. En gros, ça signifie que mes heures supplémentaires sont payées à l'année, et pas de mois en mois. Et donc chaque premier mois de l'année en cours, je me fais payer la totalité de mes heures supplémentaires de l'année précédente. Y'a bon. Cette année encore, le bonus fût non négligeable et me permettait d'entrevoir les vacances au ski avec optimisme du point de vue financier.

Nanti d'un compte en banque que je supposais débordant d'euros, j'étais en mode "dépensons sans compter". Faut-il payer les courses de bouffe pour douze personnes? Allez, c''est pour moi, on fera les comptes et vous me rembourserez un peu plus tard. Mes pneus me paraissent-ils un peu fatigués? Qu'à cela ne tienne, vous me les changez tous les quatre, et attention, hein, ne me mettez pas de la merde. Mes gants de ski portent-ils sur eux la marque du temps qui passe? Fi donc, une nouvelle paire approuvée par les plus grands champions me conviendra très bien. La teuf, quoi.

Et puis en milieu de séjour, il a fallu refaire des courses. Là encore, persuadé de pouvoir me la jouer grand prince, je me suis empressé de dégainer ma carte bancaire en or qui brille de mille feux pour effectuer le paiement d'un geste auguste. Sauf que non. "Ca passe pas" m'a dit la caissière, iséroise ordinaire et blasée. "Plaît-il? Sans doute un problème de transmission, veuillez réessayer, je vous prie" lui ai-je répondu. "Paiement refusé". Bah merde. En voilà une surprise. Fort heureusement, nous étions plusieurs à pousser le caddie et quelqu'un d'autre a pu effectuer le règlement, pourtant pas si faramineux, puisqu'il s'agissait de la somme de cent trente euros.

A partir de là, il était évident que ma situation financière était probablement moins rose que je ne l'imaginais. Mais pas vraiment moyen de le vérifier. Je me serais bien dit "Bah, on s'en fout", puisqu'on était à quatre jours de la providentielle paie de février, mais enfin, je ne suis pas trop le genre à ne jamais me soucier de rien. J'ai bien essayé de faire comme si, mais le soir même, j'ai surpris un de mes camarades de jeu en train de tripatouiller son iPhone. "Qu'est-ce que tu fous?", lui ai-je demandé. "Oh rien, j'essaye de trouver la météo pour demain" me rétorqua-t-il. Tel un noob tout droit débarqué de l'époque du minitel, je lui ai demandé s'il pouvait surfer sur le net avec son machin. Et oui, il pouvait.

Tout de suite, je lui ai demandé s'il y aurait moyen de moyenner qu'il me prête son bidule pour voir si je pouvais consulter mon compte bancaire. Et j'ai pu le faire. Et constater l'ampleur du désastre. Marrant comme on a tôt fait d'oublier que les prélèvements des impôts reprennent un jour. Et puis tous ces chèques en attente que j'avais aussi effacés de ma mémoire... Bref, le merdier. D'où le paiement refusé à l'Intermarché de La Mure. Pas que la situation soit dramatique, mais bon, au bout d'un moment j'imagine que le banquier est tenté de dire que ça suffit les conneries.

Fort heureusement, de l'époque lointaine où je ne vivais pas tout seul et pas encore au-dessus de mes moyens, me reste un petit bas de laine que j'esquinte régulièrement depuis le début de ma vie en célibataire. Et donc, du petit chalet perdu en haut de la montagne où nous nous trouvions, j'ai pu procéder à un virement salvateur histoire de finir le mois sans devoir me passer de craquer des thunes. Et j'en suis resté baba. Comment ce genre de chose était-il possible? Ou plutôt, comment était-il possible que moi, depuis mon téléphone à moi, je ne puisse pas faire un truc pareil? Tout bonnement inconcevable.

Nous sommes rentrés samedi en fin de soirée, dès lundi matin, j'étais chez le revendeur agréé de mon opérateur de téléphonie mobile pour mettre un terme à cette situation tout à fait intolérable. J'ai fait péter le forfait internet machin/SMS illimités bidule et le portable dernier cri tout tactile qui va bien pour aller avec. Le tout pour une somme modique eu égard à mon statut de client fidèle depuis plus de dix ans, sans compter le prix du forfait attrape-gogo qui t'enchaîne pour deux ans. La classe, quoi. De chez classe. Et donc ça fait une semaine que je crâne comme un malade avec mon nouveau portable sa race t'as vu comment il déchire. Je tactile à mort, j'envoie du SMS au taquet, j'installe des logiciels dessus, enfin bref, carrément n'importe quoi, quoi. Jusqu'au drame.

En vérité, je crois depuis le début ce téléphone aura passé plus de temps dans ma main, ou dans celle des autres voulant à tout prix le toucher pour voir comment ça fait, que dans ma poche. Playskool présente Thomas, 32 ans, et son nouveau jouet. Obsessionnel, le mec. Alors tout à l'heure, malgré le sac de victuailles glanées chez le boulanger, malgré le courrier d'une semaine récolté dans la boîte aux lettres, malgré le journal fraîchement acheté, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que la configuration était idéale pour s'atteler à la rédaction d'un SMS dans l'escalier de l'immeuble. Funeste erreur.

N'étant hélas pas aussi bien pourvu que Shiva en matière de bras et de mains, ce qui devait arriver arriva, et mon nouveau bijou a lamentablement chu au cours de mon ascension vers le deuxième étage. Horreur. Quand je j'ai récupéré, j'ai constaté avec soulagement que l'écran n'avait pas souffert de sa dégringolade de marche en marche. Par contre, la coque s'était un peu déboîtée. J'ai alors entrepris de la remettre en place, sans y parvenir, et ce malgré la force herculéenne dont jouissent en temps normal mes petits doigts musclés. Damn'. Comme la coque n'était déboîtée que d'un côté, je me suis dit que la difficulté venait peut-être du fait que pour la réemboîter il convenait de commencer par l'autre côté. Je me suis donc dit que ce serait une vache de chouette idée de carrément détacher la coque complètement pour la remettre.

J'ai appris comment c'était fait un tactile. Jusque là, je supposais que la coque supérieure était juste un bout de plastique avec une fenêtre de protection pour l'écran tactile, qui lui se trouvait sur l'autre moitié du téléphone. Et ben en fait, non. Le système tactile se trouve sur la coque supérieure. Et il est donc relié par un câble électrique au reste de l'appareil. C'est pourquoi il convient de se montrer extrêmement précautionneux si on ambitionne d'ouvrir son beau Nokia tout neuf. Ce que je n'ai bien évidemment pas fait. Et qui a eu pour conséquence d'arracher littéralement la connectique permettant au bouzin de fonctionner. Ce qui est assez con, parce que quand son écran tactile ne fonctionne plus, on ne peut pas faire grand-chose d'un portable tout tactile...

Je suis juste un tout petit peu dégoûté. Sans même la consolation de pouvoir me dire que c'est la faute du constructeur qui fabrique de la camelote, puisque c'est moi qui ait œuvré au massacre de ce concentré de technologie flambant neuf. Bourrinage et électronique de haute précision ne font pas bon ménage, qu'on se le dise. Je suis fort marri d'en prendre conscience à mes dépens, c'est peu de le dire. M'enfin bon, pas grave, je n'ai plus qu'à ressortir mon vieux portable tout pourri avec son autonomie de trent-sept minutes en veille et une minute et quarante-huit secondes en conversation. Et à apporter le blessé au SAV avec l'absence totale d'espoir de voir sa convalescence prise en charge par la garantie. Je sens que ça va me coûter un bras cette histoire...

Là-dessus, je vous laisse, je m'en vais chez le docteur du téléphone, en espérant que tout le temps de l'absence de mon joujou je ne me mettrai pas à me poser des questions sur le thème du "mais comment on faisait avant?".

samedi 7 mars 2009

Foncer tête baissée

Il y a ce truc un peu spécial entre le ski et moi. Dans la vie, on ne peut pas vraiment dire que je sois une tête brûlée, à l'inverse, je serais plutôt le genre à me poser pas mal de questions, à peser le pour et le contre, à évaluer les risques, à ne rien prendre à la légère. Mais sur les pistes, non. Ca faisait deux ans que je n'avais pas chaussé, et me voilà en haut de ce mur de bosses. La question n'était pas simplement de réussir à arriver entier en bas. Faire de grands virages, descendre tout en prudence en évitant de prendre trop de vitesse pour ne pas risquer la chute, techniquement, je sais faire. Mais un champ de bosses, ce n'est pas fait pour ça. Pour le vivre réellement, il faut partir droit dans la pente.

Je n'ai pas eu envie de réfléchir. Juste envie que ça soit intense. Alors pour ne pas tout gâcher à force de de me demander si vraiment j'en étais capable, et puisque personne ne se décidait à y aller, je me suis jeté dedans. Et putain, c'était bon. Je me suis brûlé les cuisses, j'ai manqué de me déboîter les hanches, mais c'est passé. Cap' ouais. Carrément. Et je suis content de ne pas avoir tergiversé plus que ça. On y va ou bien? On y va, ouais. Même si le bide se noue un peu, si le corps envoie pléthore de signaux invitant à se demander si c'est bien raisonnable, y aller quand même. Et kiffer sa race. Alors oui, ce furent de très bonnes vacances. Une petite semaine à la montagne, pas grand-chose. Mais j'en aurai bien profité. Malgré la fatigue, malgré le stress accumulé ces derniers temps, malgré la crève qui a choisi de me tomber dessus précisément cette semaine-là, j'ai savouré chaque jour à plein. Parce que ce n'était pas possible autrement.

Au quotidien, il me manque un peu de que je ressens quand j'ai des skis aux pieds. Pas vraiment de l'inconscience, juste une petite dose d'insouciance. Cette capacité à me dire "on y va et on verra bien". C'est une chose dont je me rends bien compte. Mais dans les faits, un état d'esprit ne se décrète pas. C'est d'ailleurs bien dommage. Parce que je vois bien qu'avec le temps je me suis mis à aborder le monde avec toujours un peu moins de légèreté. Je peine un peu à me l'expliquer, mais au moins j'en ai conscience. Ce qui peut déjà être un bon début. Mais y'a du boulot. Enfin du boulot... Oui, si, peut-être, on peut y aller à coups de métaphores, des barrières à faire tomber, des verrous à faire sauter, des montagnes dont on réalise une fois en haut qu'elles n'étaient que des collines... tout ça est merveilleux, mais quand il faut le traduire en concret, je ne sais plus quoi faire.

Prenons cette histoire de boulot. Ouais, parce que ça me prend la tête, quand même. Donc bon, je me retrouve à faire un taf depuis bientôt dix ans (non, non, ce n'est pas du tout flippant), tout le monde s'accorde à dire que je suis excellent dans ce que je fais, et pourtant, quand l'opportunité se présente de prendre un poil de galon et de passer à un tout petit peu autre chose, je me prends une porte dans la tronche. Du coup, en ce moment, c'est sûr que j'aurais plutôt envie de me barrer sans me retourner et de passer à complètement autre chose. Mais je n'y arrive pas. Un genre d'embouteillage d'idées se bouscule dans ma tête, et je vois se dresser des panneaux de sens interdit devant toutes les bretelles de sortie auxquelles je pense. Pas moyen tout envoyer péter et de me dire qu'il faut foncer malgré tout, sans me poser de questions.

L'enquête est toujours en cours, mais il semblerait que dans cette histoire le suspect numéro un ne soit autre que moi-même. Le mobile serait un grand classique: un déficit alarmant en matière de confiance en soi. C'est très ennuyeux. Parce que ça veut dire que la solution, si solution il y a, ne peut venir que de moi. Ce qui nous donne un exemple superbe de serpent qui se mord la queue. Si pour reprendre confiance en soi on ne peut s'en remettre qu'à soi-même, on n'est pas sorti de l'auberge. Enfin, là aussi, j'imagine qu'en avoir conscience pourrait constituer une forme de bon début..., Alors quoi, on ne pourrait pas compter sur le soutien de son prochain pour espérer pouvoir s'en sortir? Honnêtement, je ne sais plus. Le fait est que les moments où je me suis senti le mieux dans mes pompes sont ceux où j'avais l'impression de faire briller les yeux d'une prochaine.

Aujourd'hui, je me défie un peu de ça. La faute à l'Histoire, sans doute. D'avoir vu la flamme s'éteindre dans les yeux de celles pour qui je brûlais toujours. Et ça, plusieurs fois. Un peu peur que ça se reproduise, sans doute. Plus très envie de repasser du stade de Prince Charmant à celui de loser dont il vaut mieux s'éloigner. Après c'est aussi une question de profil. Non pas le mien, mais plutôt celui de toutes celles aux yeux desquelles j'ai un jour trouvé grâce. Avant la déchéance. Attention, je ne veux pas dire par là que j'en veux au destin moqueur de m'avoir fait croiser leur route. Non, ce qu'il y a, c'est que je me suis moi dirigé vers ces personnes-là. C'est toujours de moi dont je me méfie. Moi dont je remets en cause la capacité à discerner celles avec qui partager un peu de temps peut valoir le coup.

Ce qui nous amène à ce qu'on peut qualifier de "bonne grosse situation à la con". A base de "elle me plaît", et "si ça se trouve je lui plais aussi". Instantanément suivi par "oui, mais si elle me plaît, c'est que s'il se passe quelque chose entre nous, ça se finira forcément comme avec celles d'avant", puis "ouais, ben en fait, mieux vaut ne pas y aller, hein, ça pue cette histoire". Le genre de truc qui qui procure une vie sentimentale maigrelette en matière d'action, mais bien chargée en matière de frustration. Ah flûte, c'est ma vie, tiens. C'est ballot. Il est certain que si le credo "on y va et on verra bien" avait plus d'importance dans ma conduite, la situation serait différente. Ce ne serait d'ailleurs pas forcément un gage de succès, mais au moins il se passerait quelque chose, m'voyez. Là-aussi, en avoir conscience, c'est peut-être pas si mal. Encore un début?

Entre nous, je n'ai pas de doute quant à mon statut d'humain moyen. La question de mes origines extraterrestres et/ou non-humaines se noie facilement dans un verre de rhum. Oui, dans le fond, j'ai envie. Il est peut-être regrettable que cette envie ne puisse prendre le pas que quand les blocages sont neutralisés à grand coups d'abus d'alcool. Oui, non, je sais, ça peut paraître un peu curieux de dire ça, mais les faits sont là: la dernière fois que j'ai roulé une pelle, c'était dans le cadre d'une soirée arrosée. Très arrosée. Très, très arrosée, même. Le souvenir que j'en garde est assez brumeux, mais suffisamment clair pour savoir que c'était simple. Mettons nous en situation, et pour cela, changeons de paragraphe.

J'étais bourré. Très bourré. Très, très bourré, même. Nous étions quatre et avions commencé la soirée en éclatant relativement rapidement une bouteille de rhum arrangé imported right straight from La Réunion. Rendus à la fin de cette première bouteille, l'une des convives et moi avons décidé de ne pas nous laisser abattre et de nous en prendre à une bouteille de rhum de la Martinique qui ne nous avait rien fait. Ne me demandez pas comment on a fait parce que je ne m'en souviens plus trop, mais à nous deux, nous avons réussi à la vider à une vitesse dépassant l'entendement. D'où le très, très bourré. A un moment donné de la soirée, alors que nous étions fins cuits, nous nous sommes probablement retrouvés dans une position du type "les deux poivrots qui se soutiennent mutuellement pour tenir debout". Tout ce que je sais, c'est qu'à un moment donné, je me suis dit "ciel, mais nous sommes sur mon canapé en train de nous rouler de grosses pellasses sa race". Je vous épargne la fin de l'histoire, il y est un peu trop question de vomi pour que ça vaille le coup d'être raconté.

Où est-ce que je voulais en venir, déjà? Ah oui, tout ça était très simple. Allons faire un tour dans la tête des deux protagonistes:
Elle: "Oh, il me plaît"
Lui: "Oh, elle me plaît"
Les deux: "J'ai bien envie de lui rouler une pelle"
Et bam.
Simple.
Efficace.
Tout le monde est content. Sauf le canapé qui ne s'attendait pas forcément à se faire vomir dessus, mais on a dit qu'on n'en parlait pas.

Ce que je retiens de cette histoire, outre le fait que c'était une putain de bonne soirée, c'est que je suis capable de faire le coup du "on y va et on verra bien". Mais pour le moment il faut que je sois à quatre grammes. Ce qui serait bien, ce serait de pouvoir le faire à jeûn. Ou sans skis aux pieds. Enfin les deux à la fois, en fait. Bien des gens en sont capables, et c'est vrai, je les envie un peu. Il m'arrive de me souvenir que par le passé j'ai pu être un peu plus insouciant, mais je ne pense pas qu'il faille s'en tenir à un discours du type "c'était mieux avant". Avec le temps, on change, pas toujours dans le sens qu'on voudrait. Mais après tout, l'espoir est permis, on peut aussi se dire que le changement peut aller vers du mieux. Si ça ne se décide pas sur un claquement de doigts, il y a sûrement moyen d'influer un peu sur ce qu'on devient. Déjà rien qu'en ayant envie.

Là-dessus, je vous laisse, si avoir envie est important, faire envie l'est tout autant, ça fait bien trop longtemps que mes runnings traînent dans l'entrée, il est plus que temps d'aller se faire un bon gros jogging à la californienne. Je n'ai peut-être pas de rivages à la Baywatch au pied de chez moi, mais les rives de l'Oise, c'est pas si mal.

dimanche 11 janvier 2009

C'est comment ?

Je sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, c'est la deuxième fois que je fête mon anniversaire au Cameroun. Pour fêter ça, j'ai décidé de m'offrir un petit déjeuner continental ce matin, ça m'a aussi permis de me remettre de mes émotions de la veille, qui fut une journée chargée un peu quand même.

Yaoundé a cette particularité que la Carla Bruni locale sort régulièrement accompagnée de son escorte, et les rues de la villes (souvent les plus passantes) sont fermées à la circulation pendant plusieurs heures avant et après son passage. Hier matin, Madame avait rendez-vous chez son coiffeur si mes sources sont exactes, ce qui n'est pas une mince affaire, je vous invite à faire une recherche sur Google images pour voir le résultat. Sauf qu'hier matin, j'avais moi aussi prévu de sortir, pas pour aller me faire rafraîchir au Hilton mais pour rapporter des souvenirs locaux aux proches. On devait venir me chercher à 10h, mais finalement, c'est moi qui ai dû me déplacer en taxi. Seule.

Encore un petit aparté pour vous décrire le système des taxis au Cameroun et en Afrique Francophone en général : ce sont des taxis collectifs, ce qui signifie que tant qu'il y a des places assises de libres et de clients pour les occuper, le taxi prendra en charge toutes les personnes qui lui feront signe. Un taxi = 5 places assises, chauffeur exclus, je vous laisse imaginer ce que ça donne quand toutes les places sont occupées. J'ai donc opté pour ce que l'on appelle ici un "dépôt", c'est-à-dire que le chauffeur n'avait que moi comme passagère, et qu'il m'a déposée là où je voulais. C'est un peu plus cher, mais c'était aussi beaucoup plus rapide que de quadriller la ville dans tous les sens avant d'atteindre mon but, sachant, je vous le rappelle, que la moitié de la ville était paralysée et que je devais emprunter un itinéraire bien précis pour avoir un trafic fluide.

Arrivée à proximité de la maison où m'attendait la Dame qui m'accompagnait faire mon shopping, un policier nous annonce que la route est fermée. Pas de voiture autorisée. Je suis donc descendue, après avoir remercié et payé mon taxi clandestin, sauf que voilà, impossible de retrouver la maison que je cherchais. J'ai fini par aller demander mon chemin aux policiers, toute craintive. J'ai fini par passer un coup de fil depuis mon portable (appel international, j'imagine à peine la gueule de la facture à la fin du mois), et en attendant mon hôtesse, les policiers m'ont invitée à réguler la circulation avec eux.

"Je veux bien, mais vous savez moi j'ai pas l'uniforme, je pense que les conducteurs ne vont pas me prendre au sérieux.

- Mais si, mais si, mettez-vous à côté de nous, et indiquez le chemin à la voiture, là !"

"Aaaah, comment, la voiture est passée, vous ne lui avez pas indiqué, comment il va savoir où se garer ?"

Finalement, je n'ai pas pu prendre mes fonctions de policère Camerounaise puisqu'on est venu me chercher assez vite, je suis donc allée acheter mes souvenirs avant de rentrer à l'hôtel attendre 19h que mes collègues m'emmènent manger le poisson grillé dans le quartier Essos, au restaurant l'Oasis.

Le quartier Essos, c'est l'endroit où vous trouverez un maximum de bars et de restaurants à la mode. L'Oasis fait partie de ces endroits tendance, où l'on boit un verre et on mange du poisson grillé (ou du poulet grillé, mais la spécialité c'est vraiment le poisson). Le restaurant est fait de telle manière que lorsque vous êtes assis, vous partagez souvent votre table avec les gens assis à côté de vous, ce qui en soi n'est pas dérangeant parce que tout le monde à l'air de se connaître (enfin c'est l'impression que j'ai eue). Le poisson grillé, c'est vraiment délicieux, même quand on n'est pas fan du poisson ailleurs que dans les sushis, si vous allez à Yaoundé, goûtez le poisson grillé, c'est un des plats pas trop gras que vous pourrez manger si vous faites attention à votre ligne.

Et je vous parle même pas de l'ambiance. Il était à peine 20h, c'était déjà presque plein, et certains étaient déjà bien entamés (les bières là-bas font 65cl et pas 33cl). Ce couple à la table de derrière justement en faisait partie. Monsieur tenait à peine debout et Madame le provoquait, recevant en retour une ou deux tartes. Après s'être chamaillés, Madame a décidé de partir, pour mieux revenir un quart d'heure après. La réconciliation n'a pas duré longtemps, il n'a pas fallu dix minutes pour voir un plateau de poisson voler au milieu de la pièce, Madame se lever et verser le contenu de sa blère sur la tête de Monsieur avant de se prendre une rouste mémorable, et les amoureux on fini de se taper dessus sous les regards outrés des clients du restaurant (dont je ne faisais pas partie, moi j'avais surtout peur de ramasser un gnon perdu dans cette baston générale). Une fois le calme revenu, nous avons appris que Madame n'avait pas supporté que Monsieur dise devant elle qu'une serveuse était jolie.

J'imagine que vous vous dites "Mais comment ont-ils pu laisser ce type frapper sa femme/compagne ?", je vous répondrai que c'est pas ce qu'on fait ici. En France, le mec se serait fait casser la gueule pour avoir levé la main sur une femme, ici on se débrouille, mais je vous 'rassure', Madame avait du répondant. Ce qui a choqué les clients du restaurant par contre, c'est qu'elle balance le plat de poisson et surtout qu'elle ose verser sa bière sur la tête de son mec. Gaspiller la bière, c'est vraiment un sacrilège ici. Moi j'ai trouvé ça très fort, mais les Camerounaises ont un caractère en acier trempé, ça ne m'étonne absolument pas. Mes collègues ont fini par admettre que Monsieur aurait pu s'abstenir de dire ce qu'il a dit, mais que quand même "vider la bière sur la tête comme ça en public, ça se fait pas".

Voilà, c'était l'avant-dernier jour de mes aventures camerounaises, je reprends l'avion demain soir bien contente de mon séjour. Je vais finir ma cure de makossa devant Canal 2, je vous fais plein de poutoupoutous et n'oubilez pas vos antipaludéens.

Bisou !

mercredi 7 janvier 2009

Ambiance de la brousse

Biens chers Tous,

C'est avec une certaine émotion que je vous écris ces quelques lignes depuis Yaoundé, capitale du Cameroun, patrie de mon Paulounet d'amour (pas celui-ci, celui-là).

Vous savez ce qu'on dit, certaines choses changent, d'autres non. Mon arrivée était prévue lundi soir à 22h45, ce qui avec le décalage horaire combiné au quart-d'heure de la zone CFA nous a finalement donné une sortie d'aéroport à 1h30 du matin. Aujourd'hui, le courant a sauté deux fois. La bouffe est toujours aussi bonne, ce midi je me suis régalée d'un bon plat de ndomba avec du plantain, et ce soir, le plat national : brochettes !

Aaaah, c'est comme si j'étais de retour à la maison.

Ce qui a changé, c'est que les gens ont des portables, et la nouveauté incrédible du millénaire : internet. Quand ça fonctionne. J'ai du bol, ça fonctionne, cet après-midi ça fonctionnait pas. La CRTV a aussi pris un sacré coup de jeune : quand je vivais au Cameroun il y a longtemps (au millénaire dernier, c'est tout dire), elle n'émettait que cinq ou six heures par jour. Faudra que je pense à vous raconter ça quand je serai revenue. Pour l'instant j'ai pas vu grand chose d'autre, pour être honnête jusqu'au bout, parce que c'est notre histoire, qu'elle est forte et que je ne veux pas de secrets, je suis ici pour le boulot. Pour une semaine seulement, ce qui implique une grande disponibilité pour que tout soit nickel quand je repartirai. J'essaierai de vous prendre un max de photos, quand j'aurai trouvé les piles, parce que là, il n'y a pas les piles, même.

Je devrais avoir du neuf à vous raconter demain, je vais tenter l'excursion dans quelques boutiques. D'ici-là, soyez sages, couvrez-vous bien, de mon côté j'espère qu'il fera un peu moins chaud demain, 35°C à l'ombre, des températures pareilles, c'est indécent.

Bisous pêle-mêle !

jeudi 1 janvier 2009

Dern's!

Alors parce que c'est le premier janvier et qu'il est dix heures du mat', pas moyen de trouver le moindre pélos sur méméssène pour une bise virtuelle et les meilleurs vœux tout ça?

M'en fous, si c'est ça, je vais me coucher, je vous raconterai mon Nouvel An au boulot une autre fois.

Allez, une bonne année à tous, et surtout la santé.

Je dirais même plus, meilleurs vœux tout ça.

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