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29
déc..

Yeah, I could use a hug

Depuis mercredi dernier, la seule nuit que je n'aie pas passée au taf fût celle de vendredi à samedi. D'où un état physique et mental quelque peu instable ce matin. Bizarre de me dire que non seulement ce soir, mais aussi demain soir, youhou, je ne passerai pas ma nuit à répondre au téléphone quelque part dans un bureau perdu au fin fond de Gennevilliers. Je sais qu'il y aurait urgence à se reposer, mais en même temps, puisque la vraie vie recommence, je peine à accepter l'idée qu'il faille faire la sieste avant...  Se recaler sur une vie sans travail, ce n'est pas toujours simple. Heureusement, mercredi soir on r'met ça. Burp.

Ouaip. Deux réveillons, deux nuits de taf, cette année. Pas que ça m'enchante, mais enfin bon, il faut bien que quelqu'un le fasse. "Oui mais pourquoi toi d'abord?" hurlent les copains déçus de ne pas m'avoir avec eux pour changer d'année. Je ne sais pas. Enfin, si, du point de vue de celui qui fait le planning, je vois bien: cette année, beaucoup de collègues ont posé des congés à ce moment-là, donc, en gros, ceux qui ne sont pas en vacances pour le Nouvel An sont de corvée. Voilà. C'est mon taf. On ne gagne pas à tous les coups. Ca fait partie du métier. Ce sont les contraintes du boulot. Je ne comprends pas toujours pourquoi j'accepte ça, alors essayer de l'expliquer aux autres...

Bref.

Depuis mercredi dernier, jour du réveillon de Noël, donc, j'ai carrément décroché du monde réel. Alors que j'écris ces mots, par la fenêtre je vois les remparts séculaires au pied desquels je vis. Ils sont éclairés par un beau soleil d'hiver. Cinq jours que je n'avais pas vu ça. La lumière du jour. Partir au boulot alors qu'il fait déjà noir, veiller toute la nuit pour bosser, rentrer chez soi alors que le soleil ne s'est pas encore levé, dormir toute la journée... Ca peut être ma vie. Ce n'est pas toujours comme ça, encore heureux, mais il y a des phases. Et j'en sors lessivé.

Le fait est que la période actuelle engendre des perturbations qui ne favorisent pas forcément une récupération optimale. Bon, mercredi soir, c'était réveillon. Et qui dit réveillon, y compris au boulot dit repas de fête. Et qui dit repas de fête dit boisson de fête. Champagne. Et c'est à ça que j'ai carburé toute la nuit. L'année dernière, notre employeur nous avait réservé un Noël relativement austère en matière de réjouissances. Du style deux pauvres bouteilles pour la soirée et la nuit. Alors déjà, bosser pendant que tout le monde fait la teuf, ce n'est pas forcément très agréable, mais si en plus il faut se finir au Coca Light, je dis non. Et quelques-uns de mes collègues me suivent.

Cette année, afin d'éviter tout risque de dessèchement de gosier pour cause de pingrerie de notre employeur, nous nous sommes mis d'accord avec quelques camarades nuiteux pour ramener une bouteille de champagne chacun. Et bien, comme de par hasard, peut-être à la suite de nos récriminations de l'an passé, cette fois-ci ce fût bombance en matière de breuvage à bulles offert par la boîte! Je ne vous raconte pas ce qu'on s'est mis. Bien que nous n'ayons pas réussi à venir à bout de la totalité des bouteilles, il est fort probable que les buveurs présents ce soir-là aient joyeusement englouti une bouteille par tête de pipe. Si ce n'est plus. En ce qui me concerne j'ai de gros doutes.

Bosser bourré. Oui, tout à fait, c'est possible. Tout en conservant sa crédibilité téléphonique, oui, oui. Non, parce qu'il ne faut pas croire, autant la nuit de Noël est en général assez calme, autant cette année, pas du tout. Bien sûr l'ébriété n'aide pas forcément à optimiser son efficacité au travail, rédiger un courrier électronique en anglais à trois heures du mat' alors qu'on est à deux grammes n'est pas chose aisée, mais enfin, objectivement, il y avait vraiment de quoi faire. Dans la bonne humeur, bien sûr, champagne aidant.

Je crois bien que c'est ma boisson préférée. Je veux dire, quand il s'agit de tisaner un brin. Ca monte à la tête, mais tranquillou, ça se gère hyper facilement, le lendemain matin on n'a jamais mal au crâne si on ne tourne qu'à ça, ça ne rend pas malade à finir la tête dans les chiottes... Non, vraiment, le champagne, je dis très bien. Tout en sachant que l'alcool, c'est mal, ne l'oubliez jamais les enfants. Et puis d'abord j'étais vachement moins bourré que tous les gugusses qui nous ont appelés après s'être lamentablement croûtés au milieu d'un rond point qui n'avait rien à faire là où sur un muret qui s'était jeté sous leurs roues.

Enfin bon, à un moment donné, j'étais tellement bourré que j'ai fumé une clope.

...

Eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeet ouais.

Deux ans sans fumer, et bim.

Alors évidemment, il se trouvera des gens pour tomber à genoux, s'arracher les vêtements et se recouvrir de cendres; ce n'est pas la peine, je vous assure. Déjà, histoire d'éviter tout suspense inutile, je vous raconte la fin: je n'ai pas refumé depuis. Juste, il se trouve que j'ai eu une envie d'une cigarette à ce moment-là. Et que je ne me suis pas interdit de céder à cette envie.

Et donc, il y a un peu plus de deux ans, quelques jours avant mes trente ans, j'ai arrêté de fumer. J'étais plutôt du genre gros fumeur, puisque j'abattais quotidiennement mon paquet de Camel même pas Light. Et du jour au lendemain, pouf plus rien. Je ne dirai pas que c'était facile. Au contraire, je dirais plutôt que j'ai fait preuve d'une volonté de fer et d'une force de caractère redoutable pour y arriver. En fait, ce qui m'a le plus aidé à tenir, notamment dans les moments où l'envie refaisait surface (c'est-à-dire quotidiennement, avec plus ou moins de vigueur), c'est de me dire que si j'en refumais une, je replongerais aussitôt. Que je ne serais pas assez fort pour m'arrêter à en fumer une seule.

Et ça a marché. Drôlement bien, même. Puisque pas une seule en deux ans. Sauf qu'à la longue ça a fini par me gonfler, le côté "Moi, pauvre petite chose fragile, trop faible pour être capable de résister". A un moment donné, merde. Oui, merde. A cette part de moi-même qui a tendance à vouloir me persuader de ma vulnérabilité, de ma fragilité, de ma faiblesse, j'ai eu envie de dire merde. Quand la raison se mue en prudence excessive, laquelle finit par virer dénigrement de soi, on peut dire merde. Et ce soir-là, merci champagne, c'est ce qui s'est passé.

J'ai fumé une cigarette, parce que j'en avais envie, parce que j'ai trente-deux ans, parce que j'ai tenu deux ans sans fumer, parce qu'après ça je sais que ce n'est pas une pauvre clope qui va me faire replonger. Et j'ai kiffé ma race. Pas envie de tousser, pas envie de gerber, pas trouvé ça dégueulasse... Non, j'ai apprécié ce moment. J'aime toujours autant fumer. Mais il y a des tas de bonnes raisons de ne pas le faire régulièrement. Et surtout, je sais que je peux être suffisamment fort pour ne pas le faire. Il est probable que certains trouveront ça paradoxal, mais c'est comme ça, c'est en fumant une cigarette j'en ai pris conscience.

Et si t'es pas content c'est pareil.

On croit bien se connaître, et finalement, il y a toujours moyen de découvrir des trucs sur soi-même. Personnellement, depuis quelque temps, je découvre à quel point je suis extrêmement doué pour générer du sentiment de culpabilité. Oh, pas chez les autres, c'est con, ça peut être très utile, mais bien pour ma petite personne. Enfin, je dis culpabilité, mais je ne sais pas si c'est bien le terme adéquat. En gros, pour faire simple, j'ai tendance à me poser beaucoup de questions sur le bien-fondé de mes actes, de mes pensées, enfin un peu de tout ce que je fais, quoi, et au final reste souvent le doute, celui de savoir si j'ai pris ou non la bonne décision. Je dis "culpabilité", parce que ce doute pourrait s'exprimer sous la forme d'une question: suis-je coupable d'avoir fait un mauvais choix?

Ouais, je sais, ça paraît un peu con-con, mais quand on l'applique à TOUT ce qu'on fait, ça peut être handicapant. Et là, de constater que je peux à arriver à faire autrement, même pour une histoire aussi dérisoire que celle de ma clope de Noël, ça me fait plaisir. C'est comme cette histoire de PS3. Ah oui, ça y est, j'ai une PS3. Et donc vous allez voir que là aussi il y a matière à se réjouir, rapport au sujet dont auquel je vous cause depuis quelques phrases. Mais vous allez voir, c'est tellement une belle histoire qu'on va changer de paragraphe.

Or doncques, il y a quelques jours, j'avais un peu d'argent. La chose est devenue si rare que quand elle se produit, je me dépêche de tout dépenser, de préférence dans le cadre d'achats aussi résolument futiles que dépourvus d'urgence vitale. Et donc, cette année, c'est tombé sur la PS3. Bon, en soi, j'assume complètement, ce n'est pas un achat coup de tête, ça faisait un moment que j'y pensais, ce n'était pas franchement indispensable, mais enfin, on peut bien se faire plaisir de temps en temps. Non, ce qui est intéressant, c'est ce qui s'est passé au moment de l'achat de la bête.

Pourvu de chèques-cadeau généreusement offerts par l'entreprise au sein de laquelle j'exerce vaillamment mon métier, je me suis rendu chez un détaillant en produits d'électroménager acceptant les chèques en question. Sur le principe, j'envisage la PS3 plutôt comme une console pour un. J'ai déjà une Wii, ma première console à moi, achetée à trente ans, dans laquelle j'avais investi, sans doute en me disant inconsciemment qu'elle me permettrait d'attirer du monde chez moi, rapport à c'est tellement classe de jouer aux Lapins Crétins sur vidéoprojecteur. Le succès de la Wii en tant que booster d'interactions sociales étant relativement mitigé, j'ai décidé de m'offrir une vraie console de gameur bien no-life, le genre qui joue tout seul chez lui, de préférence sans voir la lumière du jour.

Malgré tout, une fois rendu dans le magasin, je me suis dit que, au cas où , pour si j'dois r'cevoir, il serait toujours utile d'avoir une deuxième manette, on ne sait jamais. Soixante euros la manette, j't'explique. Enfin bon, on ne vit qu'une fois. De même, la console en question disposant d'une sortie HDMI, j'ai pris un câble à vingt euros histoire de. Après moult hésitations, j'ai fini par me décider pour le pack Little Big Planet, et me suis rendu en caisse pour y faire une bonne grosse CB des familles t'as vu. Et là, il s'est passé un truc.

Après avoir bipé la console, la sublime caissière (si, si, j'te jure) m'a demandé si j'avais déjà effectué un achat dans le magasin par le passé. Or oui, j'étais déjà enregistré chez eux. Sauf que depuis mon achat précédent, leur système informatique avait quelque peu évolué, et à ma fiche-client, il fallait à présent ajouter ma date ainsi que mon lieu de naissance. Il se trouve que non content d'être né exactement le même jour que Camille Raymond, ce qui ne manque déjà pas de classe, je suis venu au monde sous des latitudes bien plus originales que nombre d'entre vous, pauvres franchouillards de base que vous êtes.

Estimant sans doute que cela m'aiderait à prendre un bon départ dans la vie, mes parents on fait en sorte que je voie le jour à Caracas. C'est-à-dire pas en France. Et ça, le sytème de chez le magasin d'électroménager, il aime pas bien ça. Les gens pas d'chez nous ce n'est pas sa tasse de thé. Alors bon, la caissière atomique était bien emmerdée, parce que l'ordinateur ne voulait rien savoir. Un client né ailleurs que dans l'Hexagone? Impossible! Inconcevable! Après avoir tenté la saisie une bonne quinzaine de fois, elle s'est décidée à appeler un responsable, lequel a pris tout son temps pour arriver.

En attendant la venue du responsable, notre bombasse de service était toute de stress emplie, cela se voyait. Sans doute de voir la file d'attente s'allonger dangereusement derrière moi. Peut-être aussi le fait de subir la drague au lance-flammes de son collègue préposé à l'aide au transport des achats vers le véhicule des clients, lequel lui faisait des avances à base "Nan, mais vas-y file moi ton facebook, ce sera sympa t'as vu". En tout cas, quand le problème a été résolu (en mentant à la machine en lui faisant croire que j'étais né dans le neuf-cinq!), elle était suffisamment perturbée pour oublier de biper le câble HDMI et la manette de l'improbable invité.

Il y a quelques années, en la voyant commettre un oubli pareil, j'aurais bien entendu réalisé l'aubaine financière que cela pouvait représenter, mais j'aurais aussitôt été assailli par une foules de pensées culpabilisantes: "Ciel, mais si je ne dis rien, elle commet une erreur à cause de moi et ça fait de moi un méchant!", "Si je fais comme si de rien et que l'alarme se met à sonner je vais avoir l'air trop con!", "Si je me tais, je commets un vol, le petit Jésus sera tout triste!" et autres réflexions du même ordre. Aujourd'hui, je me réjouis de pouvoir ajouter "N'importe quoi, quoi".

Là, je me suis juste dit "Trop yes, mais comment je vais trop fermer ma gueule", en partant du principe que quatre-vingt euros de réduc', ça ne se refuse pas. Normal me direz-vous. Oui, certes. Mais en même temps énorme. Je veux dire, je me souviens encore de la fois où, âgé de sept ou huit ans, j'étais allé à la Samaritaine de Cergy-Pontoise pour m'acheter une boîte de Lego, et, réalisant que j'étais sorti du magasin avec la boîte sous le bras sans la payer, j'y étais retourné pour passer en caisse. Ah non, mais on part de très, très loin, hein. Enfin bon, merci caissière à la plastique désarmante, merci système informatique xénophobe, merci dragueur 2.0, grâce à vous et à mes chèques-cadeau, ma belle PS3 m'aura coûté encore moins cher qu'une Xbox du méchant Bill Gates, et j'aurai eu une nouvelle preuve du fait que je peux appréhender les choses avec un peu plus de légèreté...

Mais revenons à nos moutons, que nous avons lâchés depuis un petit moment déjà. Mercredi soir, champagne donc. Le lendemain, la nuit de jeudi à vendredi, donc, ce fut thématique punch-coco. Plus sévère, déjà. Heureusement, il n'y en avait pas beaucoup, parce que ça se boit sans soif ce truc. Et ça monte carrément vite. Toujours est-il que vendredi matin, en rentrant chez moi, je n'ai pas eu trop de peine à trouver le sommeil jusqu'à une heure indécente de l'après-midi. A tel point qu'on peut en fait parler de début de soirée. C'est le moment où je suis parti chez mon pote B-Boy pour y retrouver quelques amis exilés en Province de passage dans le neuf-cinq. Du coup, j'ai ramené des restes. Du champagne de mercredi. Et il a fallu boire. Encore... On n'a pas des vies faciles.

Couché tard, réveillé tard samedi, il a fallu repartir au boulot, rebelote dimanche soir, et nous voilà ce matin. Oui, je suis fatigué en fait. J'aurais pu vous raconter comment il a impérativement fallu que j'achète un nouveau téléviseur pour aller avec ma PS3, mais la raison, qui n'a pas toujours tort, il faut bien le reconnaître, m'impose d'aller recharger un peu les batteries. Pas que j'aie grand-chose de prévu, surtout que je ne fêterai pas le Nouvel An, mais bon, il vaut mieux, n'est-ce pas. Juste histoire d'arrêter de se poser des questions sur le sens de la vie quand on a le cerveau au bord du court-circuit.

Là-dessus, je vous laisse, ce n'est sans doute pas aujourd'hui que je goûterai au plaisir de me promener sous le soleil d'hiver, mais ça viendra. L'année prochaine s'il le faut.

15
déc..

Trop la patate

Parfois on se pose des questions toutes bêtes, on croit que la réponse est évidente pour tout le monde, et puis finalement non. J'en ai fait l'expérience pas plus tard que la semaine dernière. Afin de me sentir entouré au moment de franchir le cap redoutable de ma trente-deuxième année passée sur Terre, j'ai lancé le dimanche soir une invitation à venir se péter le bide à ma santé à coups de raclette le mardi soir suivant. Oui, c'était un invitation un peu en dernière minute. Du coup je ne m'attendais pas à ce que tout le monde puisse répondre présent. Et pourtant si.

C'est comme ça que je me suis retrouvé mardi matin à me poser la question de la quantité de nourriture à acheter pour une raclette à quatorze. N'ayant chez moi que dix chaises, ce qui est déjà pas mal au regard du nombre d'habitants dans mon foyer, je suis allé en quérir quelques unes supplémentaires chez mon père. Entre lui et sa femme, je me suis dit qu'ils avaient sûrement assez d'expérience de la vie pour me conseiller en ce qui concerne la quantité de pommes de terre à faire cuire pour une tablée aussi conséquente que celle attendue pour le soir-même. Oui, parce qu'en fait, je le confesse volontiers, je n'avais absolument aucune idée de la quantité de patates requise par tête de pipe.

Etant plutôt du genre à trouver les réponses par moi-même, et particulièrement bien adapté au mœurs de notre temps, j'avais commencé par faire une petite recherche Gougueule, à base de "quantité de patates par personne pour une raclette". Chou blanc. J'ai bien tenté la variante avec "pommes de terre" au lieu de "patates", sans plus de succès. Honnêtement, je n'en revenais pas. J'ai trouvé toutes les astuces possibles et imaginables pour faire une raclette sans porc, une raclette végétarienne, une raclette au camembert, et même une raclette sans fromage, mais impossible de trouver combien de patates il me fallait prévoir par convive! A quoi bon cette profusion technologique et cette surabondance d'information si c'est pour ne pas pouvoir y trouver les réponses aux questions les plus fondamentales...

Encore sous le choc de la prise de conscience des limites finalement pas si lointaines de la Société de l'Information, je décidai de m'en remettre au bon vieux savoir de nos anciens. Et il se trouve que les deux premiers que j'ai croisés ce matin-là furent mon père et sa femme.  Pour des gens élevés à la rude comme eux, issus des plus austères campagnes de notre beau pays, ayant passé leur enfance à arracher à la glèbe hostile les quelques tubercules rassis leur permettant d'assurer leur subsistance, je me suis dit que la réponse coulerait de source: "Pour une personne, compter tant de patates". Ou la variante plus scientifique "tant de grammes de patates". A chaque question, sa réponse.

Et bien en fait, pas du tout. Ma question a commencé par les surprendre. "Ah ben oui, tiens, combien que c'est qu'il en faut?". Damn'. Allait-il falloir que je m'en remette à de plus vieux, donc plus sages? Finalement, mon père s'est repris. Il a indiqué que pour lui, il fallait bien compter cinq cents grammes par personne. Un demi-kilo, oui. Alors d'instinct, comme ça, à l'évocation du mot "kilo" (même "demi") accolé à "par personne", je me suis un peu raidi. Ca me paraissait quand même beaucoup. Quand même. D'ailleurs sa compagne a elle aussi jugé que ça faisait un peu trop. Pour elle, il fallait compter plutôt trois cents grammes. S'en est suivi un long débat pour déterminer lequel des deux avait raison, débat un peu surréaliste puisqu'on y entendait mon père recommander de prévoir plutôt plus que plutôt moins.

Ce qu'il faut savoir, c'est que mon père, s'il me rend trois centimètres en hauteur, doit peser environ ving-cinq kilos de moins que moi. En gros, nous ne sommes pas du tout bâtis sur le même modèle. Au niveau des habitudes alimentaires nous différons aussi de beaucoup. En ce qui me concerne, plus c'est gras, plus c'est sucré, plus c'est riche, plus ça me plaît. Je n'ai jamais manqué de la gourmandise nécessaire pour trouver la motivation à finir un plat. Mon père, lui, c'est plutôt un adepte de l'ascèse gastronomique. Le genre "Quoi? Trois feuilles de salade? Mais c'est beaucoup trop, j'ai déjà pris une toute une demie-tranche de jambon!". L'homme qui a les dents du fond qui baignent après trois petits pois, quoi.

Alors dans ce cas-là, sorti de toute considération du type "Je règle mon pas sur le pas de mon père", quand j'ai entendu mon père soutenir que c'était cinq cents grammes par personne, parce que lui, il lui fallait au moins ça, je n'ai pas pu faire autrement que de douter. Bon, d'accord, un demi-kilo, dit comme ça, ça fait peur, mais après tout, s'il n'y a rien d'autre à manger, peut-être que c'est effectivement la dose nécessaire... En m'en retournant chez moi au volant de ma belle italienne aux reflets d'argent, je m'interrogeais. Trois cents? Cinq cents? Pas question de prendre le risque de manquer, mes invités ne me le pardonneraient pas. Enfin eux, si, mais moi je ne me le pardonnerais pas...

C'est alors que j'eus une idée qui me parut lumineuse sur le coup. Il se trouve que depuis quelques années j'ai mes habitudes dans un café sis à au moins trente mètres de chez moi. Or ce café donne également dans la brasserie le midi. On peut s'y restaurer, quoi. Et qui mieux qu'un restaurateur expérimenté aurait pu me conseiller en matière de quantités de nourriture, hum? Ni une, ni deux, j'ai donc filé chez Jean-Pierre pour m'abreuver de son précieux savoir. Nous étions en milieu de matinée, l'endroit était presque désert, seuls un ou deux retraités étaient accoudés au comptoir, la vaisselle était faite, il n'était pas encore temps de dresser les tables pour le midi: la configuration était idéale pour inviter le patron à une discussion propre à lui changer les idées au moment du creux de dix heures...

Et ben, tu me crois, tu me crois pas, le cuistot soi-disant chevronné a été infoutu de m'apporter une réponse claire, nette et précise. Il a commencé par dire "Ah ben oui, tiens, c'est vrai ça, combien que c'est qu'il en faut?". Puis il a botté en touche d'un habile "Ben ça dépend, c'est des gros mangeurs ou non, tes invités?". Rhâ, le fourbe. Qu'est-ce que je pouvais bien en savoir, moi? Et puis d'abord, gros mangeur, ça veut dire quoi, hein? Décidément, on ne pouvait compter sur personne... A tout hasard, j'ai fait savoir quelles étaient les recommandations de mon père. A quoi le Jean-Pierre a réagi en disant que ça faisait peut-être un peu beaucoup, mais qu'après ça dépendait si c'était des gros mangeurs ou non...

Finalement, un de mes voisins de comptoir est intervenu et a dit que pour lui, il fallait compter plutôt dans les trois cents grammes. Ce qui nous faisait donc deux voix pour trois cents, une pour cinq cents, et une abstention pour cause de "on sait pas si c'est des gros mangeurs ou non". C'était décidé, je compterais quatre cents grammes par personne. Au pire, ça ferait un peu trop, mais pas question de devoir faire des pâtes à mes invités si on arrivait à la rupture de stock avant la satiété générale. Quatorze personnes, quatre cents grammes par tête, je suis donc revenu avec six kilos de patates sous le bras. Et en tout et pour tout, un pauvre paquet de cacahuètes pour l'apéro. Pas question de se gaver avant d'attaquer le repas, non mais.

En raison d'une défection de dernière minute pour cause de "On n'a trouvé personne pour garder les enfants", nous nous sommes donc retrouvés à douze autour de la table. Et c'était quand même trop cool. Jusque là, le record était de dix, preuve a été faite qu'on pouvait faire encore mieux et être bien installés. C'est le genre d'occasion ou je suis bien content de mon chez moi, alors je l'ai savouré, parce que ce n'est pas tout le temps comme ça. Je crois que tout le monde a passé une bonne soirée. Et en tout cas, s'il y a bien une chose dont je suis sûr, c'est que tout le monde a bien mangé.

Cinq kilos. Un chouïa plus de quatre cents grammes par bouche à nourrir. Mon saladier le plus balèze rempli ras la gueule de tubercules. Ca, on n'a pas manqué. En, fait, ça faisait juste deux fois trop. Ouais, deux. Et ce n'est pas que les mangeurs aient fait leurs précieuses, tout le monde a terminé en se tenant le ventre en n'en revenant pas d'avoir mangé tout ça. Même moi, c'est dire (cela dit, il est possible que je fasse partie des rares qui ont effectivement englouti leurs quatre hectogrammes de patate). Donc, si vous voulez mon avis, à moins d'être en vacances aux sports d'hiver avec vos potes rugbymen, quatre cents grammes, ça fait trop.

Le résultat de tout ça, c'est que depuis une semaine, je bouffe des patates à tous les repas. Revenues à la poële, en salade, à la croque-au-sel, au gruyère fondu, en purée, bref, je crois que j'aurai tout essayé, et pour l'instant, je n'en vois toujours pas le bout. Et pour tout dire, j'ai comme l'impression qu'au bout d'un moment les pommes de terres cuites, ça ne se garde pas très bien. Je pense que le dernier kilo va finir à la benne, tout comme les dernières tranches de charcutaille. Oui, parce que j'avais vu un peu trop généreux en ce qui concerne la bidoche aussi. Et là, pareil, à force d'en avoir à tous les repas, j'arrive comme qui dirait à saturation. En plus, je me demande si les quelques boutons qui se sont mis à orner mon front ne seraient pas liés à l'excès de graisse porcine...

Alors bon, histoire que cette extraordinaire épopée ait quelque valeur éducative et vienne contribuer à l'accès à une meilleure connaissance du monde par le plus grand nombre au moyen des technologies de notre temps, je vais quand même y aller de mon petit conseil personnel. Ami internaute, si tu as atterri ici à la faveur d'une requête internet ayant pour objet de t'aider à déterminer combien de patates il te faut pour ta raclette de demain soir, sache-le, ici tu trouveras une réponse, une vraie de vraie. Pour une raclette "classique" (patates, fromage à raclette, charcuteries diverses et variées), compte deux à trois cents grammes de pomme de terre par personne. Alors oui, je donne une fourchette, mais en même temps, comme dirait l'ami Jean-Pierre, "Ca dépend si c'est des gros mangeurs ou non".

Là-dessus, snurfle, teuheu-teuheu, je vous laisse, il serait dommage que je ne profite pas à plein de ce rhume carabiné dont le destin m'a fait cadeau pile au moment où j'ai quelques jours sans bosser. Ouaip, y'a pas, le travail, c'est la santé.

12
déc..

Voilà comment on flingue une grasse matinée

Cette semaine,j'ai décidé que j'en avais marre d'aller bosser et que je préférais rester chez moi bien au chaud. Jean-Kevin, lui, s'est levé ce matin comme tous les matins pour aller gagner de quoi entretenir sa fonctionnaire et son chat, sauf qu'en partant il a commis LE crime : oublier de fermer la porte à clé.

S'il y a un truc qui m'empêche de dormir et qui me fout de mauvais poil, c'est quand je sais que je suis seule chez moi et que la porte n'est pas verrouillée. C'est donc d'une humeur de chien que je me suis levée sur les coups de 6h54 pour aller donner un tour de clé dans ma chuper porte blindée qui est tellement bien que t'as qu'un seul tour à faire pour fermer à double tour. J'ai voulu aller me recoucher, et là, le bug.

Je ne me suis jamais expliqué ce phénomène, mais je me réveille tous les matins avec une chanson dans la tête. Absolument tous les matins, un vrai juke box, paroles et musique, un peu comme Ally MacBeal. A chaque fois, une chanson différente, d'un album que j'ai ou pas, une chanson que j'aime ou que je déteste, parfois j'ai même pas besoin de l'avoir entendue à la radio deux minutes avant, elle s'est mise en route toute seule. Le pire, c'est quand le disque est rayé et que je me trimballe ladite chanson en boucle pendant quatre jours ou plus. Les fois où ça m'est arrivé, le seul moyen que j'ai trouvé pour arrêter le massacre a été d'écouter la chanson en question puis d'enchainer avec une autre histoire de vider le cache, et j'avoue que ça fonctionne assez bien.

Ce matin, j'étais d'autant plus furax d'avoir à me lever que j'étais bien au chaud sous ma couette et que c'était Josh Homme, l'homme de ma vie ex-aequo avec mon Paulounet d'amour (Deuxième en partant de la gauche) et Jean-Kevin qui me tenait compagnie, et je vous raconte pas comme c'était bien de l'avoir rien qu'à moi à me chanter Misfit Love.

Mais j'ai dû me lever.

Pour aller verrouiller cette foutue porte.

J'en ai profité pour allumer la télé, en me disant qu'il serait judicieux de ne pas me lever trop tard, pour avoir le temps de préparer mon pantalon à déposer chez la couturière, puis aller chez le coiffeur, puis un tas d'autres trucs comme aller chez mon kiné trop sexy me faire péter les cervicales.

J'aurais pas dû, pour une raison que j'appellerai "la meilleure du monde" : la dernière chaîne zappée sur cette télé était W9, qui diffusait un clip de Christophe Maé.

Je vois des visages qui se crispent, vous comprenez ma douleur. Mais le pire, ça n'a pas été de tenter de saisir la télécommande dans les trois secondes de délai que vous avez pour changer de disque avant de finir avec ses chansons pourries stockées à tout jamais dans votre mémoire, non, le pire, c'est qu'après avoir zappé plus vite que mon ombre sur Franklin la Tortue, j'ai tenté de rejoindre mon Joshounet au pays des rêves, mais Christophe Maé avait pris sa place. J'étais passé du frisson orgasmique de Misfit Love au frisson glacé de la chanson que ce monstre de torture a écrit pour son gamin (pauvre gosse).

Le duel a été rude, tellement rude que vingt minutes plus tard Josh et Tof étaient encore en train de se fighter, la puissance du riff sexuel et du super déhanché contre la soupasse merdique pascal-negrienne, ça m'a foutue d'une humeur de chien, ça m'a brisé ma libido, et j'ai été obligée de me lever pour me laver les oreilles, ça devenait insupportable.

Christophe Maé, je te hais. Je te vomis. Tu n'es pas un artiste, ta voix me crispe, elle me donne des envie de génocide. Rends-nous service, arrête de chanter. Ou alors fais de l'instrumental. Et accessoirement, si ton gamin pouvait s'abstenir... de chanter, de se reproduire, de tout quoi. Merci bien.

Non parce que bon, à 8h33 8h47 9h05 je suis pas encore certaine qu'il va pas revenir m'envahir la tronche avec sa merde pendant la journée. Et j'en suis à mon deuxième album des Queens of the Stone Age, quand même.

J'ai si froid, Josh, réchauffe-moi...

Hihi, oui, j'aime bien quand tu me chatouilles par là aussi. Hum, pardon.

Ah oui, parce que j'ai oublié de vous dire, mais la situation est d'autant plus cocasse que cette nuit, j'ai rêvé que je reprenais la guitare. J'empruntais l'Ovation électroacoustique de Papounet, sauf que cette guitare, qui doit bien approcher des trente ans, était hyper abîmée et je n'étais même pas certaine de pouvoir jouer dessus vu que c'est une guitare de droitier et que je suis gauchère. Du coup, je me posais la question de l'investissement dans une guitare pour gaucher, mais là encore, le choix de la guitare électrique ou acoustique me posait problème.

Alors, vous en pensez quoi ? Sèche ou électrique ?

Christophe Maé ou Josh Homme ? (Oui, comme ça on voit mieux ce que ça donne comme résultat)

Allez, joyeux Hanouka, bisou !

08
déc..

Yes we're going to a party party

Depuis quelques années, c'était devenu une sorte de tradition: les semaines précédant la date fatidique me voyaient sombrer dans une profonde mélancolie. Un ardent désir de me cacher dans une grotte pour n'en ressortir qu'au printemps revenu naissait en moi. Pas marre des gens, pas marre de la vie, juste l'envie de faire une pause et d'y revenir après avoir laissé passer un peu de temps... Avec les années, ayant trouvé une foule d'explications valables à ce phénomène, j'avais fini par l'accepter comme relevant de l'inévitable. Au point d'en avertir les gens, de leur dire de ne pas s'inquiéter, que c'était normal si j'étais moins normal...

Et puis cette année, rien.

Ou si peu.

A peine un frémissement début novembre, et encore rien ne dit qu'il n'était pas dû à une cause autre que celle habituelle. Honnêtement, je ne peux pas dire que ça m'ait manqué, au contraire, je me suis plutôt réjoui de ce moral étonnamment stable. Enfin aussi stable que peuvent l'être les fluctuations incessantes et imprévisibles de ce yo-yo lunatique que j'appelle mon humeur. En tout cas, j'en étais déjà à me dire que j'avais considérablement avancé cette année, que peut-être enfin j'arrivais à accepter certaines des imperfections de la vie, celles dont la flagrance me paraissait plus évidente à cette période de l'année. Au bord de la satisfaction, quoi.

Et puis ce matin, au réveil, va savoir pourquoi, c'est un moral en plomb qui me garnissait les chaussettes. Un peu comme si toute la morosité que je prenais soin de distiller patiemment les années précédentes et que je m'étais épargné cette année avait déferlé dans mon crâne en l'espace d'une nuit. Toujours la même vie. Toujours les mêmes problèmes. Toujours la même merde. A me demander si dans le fond il était bien nécessaire de me lever aujourd'hui. Après tout, la célébration avec les amis n'aurait lieu que demain soir... Globalement, je me fous des réveils du lundi matin. Mais quand ça tombe le jour de mon anniversaire, c'est clair que c'est le pire jour de la semaine.

Non, mais lundi, quelle idée! Si j'avais eu un emploi du temps de salarié conventionnel, je ne dis pas, mais quand on bosse nuitamment et anarchiquement, c'est franchement le blues. Ben oui, quoi, si la mélopée harmonieuse de France-Info m'avait tiré du sommeil ce matin, si j'avais pris une douche, passé mon visage sous la lame du rasoir, enfilé mon costume de cadre moyen moyen, noué ma cravate, pris place dans le RER qui m'amènerait à La Défense, traversé l'esplanade pour rejoindre ma tour à moi, pointé à la badgeuse, dit bonjour au vigile, fait un stop à la machine et café et finalement croisé mes collègues, nul doute que tous auraient pris la peine de me souhaiter un bon anniversaire.

Mon collègue Jean-Pierre aurait plaisanté en me disant "Alors ça te fait combien, 24, c'est ça? Hohoho"', notre chef d'équipe d'ordinaire si glaciale aurait peut-être exceptionnellement claqué une paire de bises sur mes joues, Nathalie la petite secrétaire m'aurait remis un cadeau au nom de toute l'équipe (le DVD de Hancock avec Will Smith) et se serait un peu empourprée quand Jean-Pierre aurait précisé, la voix pleine de sous-entendus, que c'était son idée à elle. La pensée fugace de l'inviter un jour à prendre un café avec moi n'aurait pas eu le temps d'aller plus loin, parce que le patron serait arrivé à ce moment-là pour me dire que ce midi je déjeunerais à sa table au R.I.E., et qu'il offrirait le vin, bien entendu... La pure bonne journée, quoi.

Oui, non, en fait la liberté de pouvoir rester couché chez soi le lundi, ce n'est pas si mal. Bon, d'accord, aujourd'hui, ça fait un peu chier d'être le seul glandu à n'avoir rien à faire de sa journée à part broyer du noir, mais bon, ça pourrait être pire. C'est vrai, vieillir, c'est nul, surtout tout seul, surtout quand on a l'impression que d'une année sur l'autre rien n'a bougé, mais bon... Comme me le disait un pote hier, "Bon, moi, ça va, pour cette année, j'ai eu un môme, mais bon, si on va par là, c'est pas tous les ans qu'il se passe quelque chose d'aussi balèze dans une vie... Et puis en un an, c'est impossible de dire qu'il ne se passe rien.". Grumbulmum. Ca m'énerve de ne pas l'avoir énoncé moi-même, mais il a raison... Alors ça y est, sous prétexte qu'il est papa, toute la sagesse du monde lui a déboulé entre les oreilles. Nan, mais n'importe quoi, quoi...

Bon, enfin, tout ça pour dire qu'en fait ça va. Je veux dire, mieux qu'au réveil. Donc, en fin de compte, c'est vrai que cette année est peut-être un peu différente des précédentes. Après tout, c'est quand on est gamin qu'on se réveille surexcité le jour de son anniversaire, parce que ça veut dire la fête, le gâteau, les cadeaux... Passé un certain stade on envisage probablement les choses de façon un peu moins basique, ou naïve, c'est tout. Et c'est ce qui explique le coup de blues normal au matin de l'anniversaire. Enfin je suppose. Et je m'en contenterai.

Là-dessus je vous laisse, j'ai une journée de totale glandouille à boucler avant d'entamer une soirée sur la même thématique.
Et n'oubliez pas de souhaiter un joyeux anniversaire à David Carradine, Gérard Holtz, Kim Basinger, Teri Hatcher, Sinead O'Connor, Philippe Katerine, Dominic Monaghan, Sébastien Chabal et la Nintendo Wii.

08
déc..

Qu'est-ce qu'on dit ?

Psssst, hé les filles (et les mecs), z'avez vu quel jour on est ?

Bah alors, vous attendiez quoi ?

Allez, à trois, tous ensemble !

Un

Deux

Trois

Bon anniversaire Thomas !!!

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