La gravité du réel
Par Thomas D. le dimanche 18 novembre 2007, 17:47 - Lien permanent
Haha. J'adore ce titre. Il claque trop, un truc de malade.
Ahum.
Avec beaucoup de courage et d'abnégation, et peut-être un peu aussi parce que j'ai les yeux défoncés et la tête qui tourne d'y avoir passé trop d'heures, je me suis décidé à lâcher les manettes pour le clavier. Ce qui n'est franchement pas un truc facile. Parce que ce que vous ne savez pas encore, pauvre de vous, ceux qui savent me comprendront, c'est que Super Mario Galaxy est sans aucune contestation possible le meilleur jeu vidéo de tout l'Univers. J'en viens à désespérer de l'absence de preuves de l'existence d'univers parallèles, ça permettrait de se faire une meilleure idée de l'ampleur de la chose. Enfin bon, c'est plutôt chouette comme jeu. Et légèrement addictif, j'en veux pour preuve le fait qu'en général il faut se dire 20 fois "Allez, juste une dernière étoile et j'arrête" avant de se décider à appuyer sur le bouton off de la télécommande. J'ai les yeux qui piquent, vous n'avez pas idée.
C'est vrai que j'y ai quand même passé un temps considérable. Rendez-vous compte, je l'ai depuis vendredi après-midi, j'en suis déjà à 81 étoiles. Ah ben non, c'est vrai, vous ne pouvez pas vous rendre compte. Alors disons qu'en nombre d'heures, c'est un peu comme si j'avais décidé de me refaire la trilogie filmée du Seigneur des Anneaux. Deux soirs de suite. La version longue, bien sûr. Flippant, hein? Si je vous dis qu'il est cro cro bien, ce jeu, c'est qu'il l'est! D'où la peine que j'ai pu avoir à m'en arracher aux petites heures du matin automnal. Surtout pour retrouver la réalité et les lourds principes gravitationnels qui régissent ma relation avec notre globe terrestre. Ce n'est pas que je tombe, c'est que je suis cloué au sol. Beurk. Autant aller se coucher...
Si je n'étais pas dans une phase où j'ai justement décidé de n'en avoir rien à foutre de rien pour ce qui concerne la mise en conformité de mon existence avec les normes sociales habituellement en vigueur dans notre pays, je serais enclin à me poser des questions sur moi-même. Si on fait une petite liste non exhaustive, c'est à se demander s'il n'y aurait pas matière à trouver ça un peu révélateur. Parce qu'il n'y a pas que Mario Galaxy et son univers chatoyant et virevoltant où même si tu meurs c'est pas grave vu qu'il te reste encore 17 vies. Depuis quelques semaines il y a aussi les Annales du Disque-Monde dans lesquelles je me jette à corps perdu dès que j''en ai marre d'avoir les yeux collés sur un écran. L'écran sur lequel se succèdent des films hollywoodiens à mort, dans lesquels pleins de trucs improbables se passent et ou le gentil gagne toujours à la fin. L'écran du PC sur lequel je suis en ce moment même en train de taper cette note... Moi j'dis, ça fait du cumul quand même. Allez, je ne suis pas chien, je veux bien admettre que tout ceci puisse avoir un lien avec mon rapport au monde en ce moment. Et puisque vous m'êtes sympathiques, je veux bien aller jusqu'à consentir qu'il s'agit plus précisément d'un rapport avec mon monde à moi. Mais on va s'arrêter là, n'est-ce pas, car vous n'avez pas la forme d'un divan.
Tout ceci n'est pas pour améliorer le temps que je consacre à l'entretien de mon appartement. Pas plus tard que chaque fois que je sors de chez moi, car oui, tout de même, cela arrive, je me fais la réflexion suivante: mince, si l'envie me prenait d'inviter quelqu'un à l'improviste chez moi, je ne pourrais décemment pas le/la recevoir dans un bordel pareil. Quand je pars au boulot, j'ai même une version un poil plus glauque: mince, si j'avais un accident de voiture et qu'il faille que quelqu'un vienne chez moi me chercher des affaires pour le temps de mon hospitalisation, comment ce serait trop la honte. Donc oui, évidemment, vivre tout seul, halala, ma bonne dame, c'est tout de même une expérience incomparable, certes. Dégagé de la somme de contraintes que peut représenter l'Autre on touche du doigt ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue: la Liberté. Sauf que bon, le ménage, il ne se fait pas tout seul. Alors Liberté, oui, bon, n'empêche que de temps en temps c'est pas si mal de pouvoir compter sur l'Autre pour passer l'aspiro ou descendre les poubelles.
Il paraît que la meilleure solution pour maintenir son logement propre et bien rangé, c'est d'en faire un petit peu tous les jours. En tout cas, c'est ce que disent la plupart des gens que je connais dont l'appartement n'est pas le contraire d'une invitation. Rien à voir avec ma stratégie du "Un gros coup de rangeoss toutes les x semaines, du moins, si l'occasion se présente". Oui, je préfère écrire "x semaines", juste histoire de préserver ma part de mystère, cette petite touch perso qui les rend toutes folles. Non, ce n'est pas du tout pour éviter les remarques désobligeantes. Bref, il semblerait bien que ma façon de faire ne soit pas la bonne. La faute à un seuil de tolérance perché dans les limbes. Et aux circonstances. Maudits soient les dieux qui dans leur incroyable négligence ont oublié de faire de moi un allergique à la poussière. Parce que ça, ouais, dans le genre motivant pour faire le ménage, ça doit bien le faire. Que moi non. Je résiste aux milieux les plus allergènes et les plus pathogènes. J'aurais dû bosser au N.I.H., tiens.
(Haha, j'ai réussi à placer une référence à une série ricaine, ça y est, je suis trop dans la hype!)
Non, vraiment, la seule chose qui par le passé a pu me motiver pour jouer à l'aspirant mage du logis (ouais nan, fée ça fait trop gonzesse t'as vu), c'est de partager mon logement avec quelqu'un. Et pas forcément parce que je m'y sentais obligé pour cause de pratique du sexe avec l'autre partie, non, non, même en colocation fille-garçon dépourvue de toute ambiguïté (Rhââ, mais si-heu!), j'essayais de faire en sorte que ça ne vire pas trop crado sorti des frontières impénétrables de ma chambre. D'ailleurs pour peu que la ma-meuf ou la ma-colocataire se barre en vacances quelques jours, il me suffisait de quelques heures pour foutre un dawa sans nom dans tout l'appart'. Par contre, juste avant leur retour, ça redevenait über nickel, genre presque plus qu'à leur départ. Genre on a rien vu. Hein? Quoi? Comment? Du bordel ici? Non, franchement, ça m'étonnerait.
Evidemment, on pourrait trouver regrettable que je ne me préoccupe des conditions d'ordre et d'hygiène de mon habitation que dès lors que je sens qu'un regard potentiellement inquisiteur est susceptible de se poser sur les lieux. Oui parce qu'à la vérité, je me suis déjà dit qu'une solution efficace pour que je me mette à faire un peu plus attention pourrait être de trouver une meuf, sans forcément la faire habiter chez moi, ne nous emballons pas, mais bon, le genre à pouvoir débarquer sans prévenir. Parce que c'est ça en fait. Le problème. Enfin, mon problème. Je n'arrive pas à faire le ménage pour moi, je ne me contrains à le faire que pour les autres. Maintenant, est-ce qu'il faut en faire un drame? J'veux dire, c'est grave docteur? Si mon intérieur est lié à ce que je suis à l'intérieur, faut-il pour autant que je change mes habitudes de ménage? L'influence va-t-elle dans les deux sens? Y a-t-il une poule? Y a-t-il un œuf? En voilà des questions qu'elles sont bonnes, non? Mais qui ne changent rien au fait que le soir tombe et que je n'ai toujours pas passé la serpillière. Et que les conditions sont à nouveau idéales pour s'en aller explorer la Galaxie...
Là-dessus, je vous laisse, pour le bien-être de mes yeux je vais essayer de m'abstenir de repartir pour un nouveau marathon d'étoiles. Par contre il est trop tard pour enfiler les gants Mapa. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir foutre de ma soirée?








Commentaires
avec le salaire honteusement élevé que tu gagnes en travaillant de nuit (si si je l'ai lu quelque part je crois) tu peux aussi embaucher une femme de ménage...
autre solution, allez je suis sympa jeum dévoue : t'as qu'à imaginer que je peux à n'importe quel moment débarquer chez toi sans prévenir... hin hin tremble et range!
En gros, ce message dit que tu aimerai bien une meuf chez toi (avec ou sans relation intimes) pour qu'elle puisse descendre les poubelles pendant que tu joue à Mario Galaxie.
...
Putain, comment t'as carrément raison.
Je savais qu'un jour je trouverai mon guide spirituel qui m'enseignerai le but de la vie. Et si en plus il lit du Pratchett, comment c'est la fête.
Lorsque j'étais célibataire, j'avais l'habitude de faire un minimum de ménage de temps en temps (j'ai tout de même un seuil de tolérance assez bas), ou à fond-à fond-à fond, lorsque mon auguste génitrice, particulièrement maniaque en terme de ménage, se prenait l'idée de venir me voir. J'habitais loin, donc c'était pas souvent, mais il fallait tout de même conserver un œil sur le ménage. Des fois que.
Donc, il te suffit de proposer spontanément à des femmes de ta famille (mère revenue d'Amérique latin, tante, cousine) de passer te voir de temps en temps. Tu verras, tu vas te sentir obligé de ranger... : )
k
Pour l'information, toutes les femmes (en l'occurance j'emploierai "fille" ici, puisqu'il s'agit de faire partager mon experience personelle, tout ça pour finalement préciser que toutes les personnes de sexe féminin ne se sentent pas attirées par la noble tache ménagere, personellement je suis étudiante, et mon 12m² n'est jamais tres tres propre, et jamais rangé ... Ceci dit, autant que ça reste entre nous :p
Tu parles, tu verrai l'état de ma chambre... même mon copain geek est horrifié parfois. F'aut dire qu'voir un cochon d'inde qui ne sait pas changer sa cage tout seul, ça aide pas...
bliksem> On voit que tu n'as pas idée des proportions astronomiques de la dîme que je verse mensuellement au fisc...
Sinon, j'ai essayé, j'ai imaginé crès crès fort, ba ça a pas marché.
Aldrea> J'aime ta façon de tout de suite comprendre mon point de vue.
A part ça, vénérerais-tu suffisamment ton guide spirituel pour effectuer 6 heures de ménage par semaine gratos chez lui ('faut ce qu'il faut)?
Kwill> Bien joué Callaghan, malheureusement certaines pièces du puzzle te manquent pour savoir que la solution que tu proposes est tout bonnement irréalisable.
Par contre, ouais, juste peut-être faire l'effort d'inviter des gens. D'ailleurs en vérité je le fais, parfois, limite rien que pour me forcer à ranger un peu.
Tink'> Houla, loin de moi l'idée de vouloir proclamer ici que parmi les tâches qui incombent à la Femme en exclusivité il y a le ménage (quoiqu'il faut bien reconnaître qu'en général elles sont beaucoup plus efficaces, rapport au fait que dans le temps quand on partait chercher le mammouth, elles restaient dans la grotte avec rien d'autre à faire que gérer les moutards et l'entretien des lieux, et hop, si on se faisait une polémique?).
Aldrea> Pardon, mais alors là, le cochon d'Inde, pouah.
Alors là, je suis désolée, mais je peux pas laisser passer une telle énormité, à ce stade j'apelle même ça une bonne grosse connerie. Vraiment je t'imaginais un niveau un poil au-dessus.
Tout le monde sait que le ménage, si les femmes sont plus douées avec, c'est parce que c'est génétique, bordel ! On a le gène du ménage, okay ? Seulement vous, là, quand il s'agit de compter les points genre "nous on a le gène du bricolage et du changement de roue", vous supportez pas que nous aussi on ai un gène qui nous fasse réussir un truc, du coup, hop, c'est forcément de l'acquis !
Belle mentalité, vraiment.
Je veux bien arbitrer : si c'est un gène, il a forcément été acquis par sélection naturelle, et si c'est un comportement, il y a certainement eu sélection naturelle pour que seule les femelles les plus douées pour ranger les grottes survivent.
Voilà. Comme ça, mêmes les féministes sont contentes. :D
k
ps: Callaghan ? Le joueur de foot ou l'homme politique anglais? C'est tout ce que j'ai trouvé sur wikipédia...
Marie-Shirley> Alors là, pardon, mais n'importe quoi.
Pour chasser le mammouth, l'Homme a besoin d'une constitution robuste et de sens solidement aiguisés, le tout s'obtenant par sélection naturelle (t'as pas vu "300" ou quoi?). C'est génétique.
Le fait que les femmes soient beaucoup plus compétentes pour garder les mioches dans la grotte et d'y faire le ménage relève du déterminisme culturel. Ceci dit, je veux bien t'accorder que ce dernier trouve son origine dans la génétique, puisque la femme, à l'inverse de l'homme, est naturellement faible. Et si c'est toujours le cas, c'est sans doute que l'équilibre de l'Univers s'en trouve mieux comme ça.
Et pour ce qui est du gène du bricolage, pardon, mais je rigole. Bien une idée, de gonzesse, ça.
Kwill>
Preuve que non, on trouve toujours des souillons comme Tink' ou Aldrea qui nous prouvent que les acquis de la mère sont pas forcément transmis à la fille. C'est pas comme si c'était génétique, n'est-ce pas...
(Au fait, gros poutou les filles, kikoolol)
PS: Callaghan le détective, voyons...