Into the mild #2
Par Thomas D. le mardi 5 août 2008, 20:45 - Lien permanent
Day Four - I'm not George Kaplan or whatever his name is
Puisque finalement je n'avais pas marché tant que ça aujourd'hui, tout à l'heure je me suis dit que j'irais faire un petit tout à Cénac, au bord de la rivière. Parce que Domme, du moins dans sa partie médiévale, se trouve perché en haut d'une falaise, au-dessus de la Dordogne. Et c'est tout petit, on a vite fait le tour. Je suis donc sorti par la porte de la ville d'où part la route qui descend à Cénac, pensant être à destination en quelques minutes. Et en fait pas du tout. La descente est tellement interminable que j'ai décidé de ne pas aller jusqu'au bout, en me rappelant tout simplement que tout ce que je descendrais il me faudrait le remonter.
A ce que j'estime être la mi-chemin, j'ai fini par faire demi-tour et remonter à mon hôtel, en priant pour que la seule petite épicerie du village ait des biscuits chocolatés acceptables. Oui, parce qu'en plus du restaurant que je m'octroie chaque soir depuis le début de cette aventure, j'ai aussi pris l'habitude, après la douche et ma petite lessive, de m'enfourner un paquet de biscuits au lit devant la téloche avant de m'accorder le repos bien mérité du marcheur.Enfin bon, cette demie-descente valait quand même le coup, le paysage étant plutôt chouette, et surtout, au pied des fortifications, j'ai découvert que des gens avaient trouvé moyen de construire d'incroyables maisonnettes accrochées à flanc de falaise. Je suis d'ailleurs à peu près sûr qu'en passant en bagnole, les gens ne les voient même pas. Encore une fois, l'avantage du temps quand on est piéton...
Ce soir, pour changer, je me suis encore une fois délecté d'un repas à forte teneur en chair et organes divers de canard. Je pense que c'est mon meilleur repas depuis le début. Le plus cher, aussi, mais aucun regret. Ce petit Cahors vieux servi au verre qui m'a coûté un bras valait son prix. Vers le début du repas, en m'apportant le menu, le patron m'a dit un truc comme "Quand même, ils auraient pu mettre un peu plus d'affiches que ça...". Et là, comme j'étais sur place, j'ai compris de quoi il voulait parler. En effet, aujourd'hui, à neuf heures du soir, il y avait un concert de harpe corse, ou quelque chose comme ça, à l'Eglise de Domme. Je le savais, parce que j'avais justement vu une ou deux affiches, ce que je me suis empressé de signaler à mon interlocuteur que je supposais désireux de causer un brin. A quoi il m'a répondu que "quand même ils pourraient faire un effort de publicité, c'est toujours pareil". Puis d'autre clients sont arrivés mettant un terme à notre échange.
Vers la fin du repas, la serveuse qui m'avait servi me demanda si je restais juste pour une nuit. Je lui répondis que oui. C'est alors qu'elle me demanda si j'avais d'autres concerts prévus alentour... C'était donc ça... Le patron ne m'avait pas parlé des affiches par hasard... En fait ces messieurs-dames de l'hôtel m'avaient pris pour le musicien! Alors bon, moi, je ne suis peut-être pas très objectif, mais enfin, il me semble que ce gars ne me ressemble pas des masses. Il faudrait que je me débrouille pour trouver sa photo (NdlA: C'est fait! Par ici). En réalité, je pense que la seule chose que nous ayons en commun, hormis la chemise noire que je portais ce soir-là, c'est la chevelure un peu plus longue que la moyenne, sachant que ses cheveux sont autrement plus longs que les miens. Bon, évidemment, il faudrait pouvoir voir pour comparer...
Bon.
D'accord.
Alors voilà, mes cheveux, en ce moment, ça donne à peu près ça:
Oui, bon, on ne voit pas très bien vu que je suis allongé... En fait ça donne ça:
Bon, c'est vrai, avec les lunettes, on ne se rend peut-être pas bien compte (et puis sur la dernière, j'ai la peau un peu sèche). En fait voilà:
Il me semble quand même que ce n'est pas tout à fait la même chose...
Enfin, sur le coup, j'ai bien rigolu.
Après ça, coucher de soleil. Un vrai de vrai. Celui qu'on prend le temps de déguster. Celui dont la dimension formidable de l'évènement t'effleure. Celui où tu te souviens que le minuscule microbe que tu es, alors qu'il croit être immobile à contempler le soleil descendre, file en réalité à plus de mille six cents kilomètres heures posé à la surface d'une boule de près de quarante mille kilomètres de diamètre. Oui, non, moi la poésie, sans plus. Mais je reste impressionnable. En tout cas, c'était beau.
Day Five - Here and now
C'est officiel, ici, c'est plus beau que chez nous.
J'ai quitté Domme ce matin, en finissant la descente vers Cénac, et me voilà déjà à la Rocque-Gageac. Après avoir dormi en haut de la falaise, me voilà à ses pieds. Quand je pense que je m'extasiais hier sur trois pauvres maisonnettes à flanc de falaise. Ici, c'est tout un village qui y est bâti! Avec en prime un fort troglodytique creusé à même la caillasse à 40 mètres au-dessus du vide! C'est juste incroyable. Imaginer qu'à une époque des gens se sont dit que la meilleure façon pour eux d'assurer leur survie serait de se percher dans un endroit pareil... Finalement, c'est cool le XXIème siècle. Du moins en Dordogne.
Il y quelque chose d'assez particulier dans cette région. Un truc que je ressens, et qui ne doit pas m'être propre. D'une façon ou d'une autre, je trouve qu'on sent l'Histoire. On sent le temps qui a passé. On sent que ça fait longtemps que l'Homme est ici. Bien sûr, le fait de savoir qu'il y a dans les parages moults sites préhistoriques (dont Lascaux) n'y est sans doute pas étranger, mais comment dire, le paysage est crédible. On imagine assez bien qu'il y a dix mille ans, pour échapper à quelque minou à dents de sabre, des gugusses en peau de bête ont dû trouver refuge dans la foultitude de grottes qu'on trouve sur les nombreuses falaises qu'on voit par ici. Et puis il y a tous ces châteaux. Il doit bien y en avoir quatre ou cinq dans un rayon de vingt kilomètres. Ca devait se pouiller la tronche sévère dans les environs... Nan, vraiment, c'est spécial, et, je m'en rends compte, absolument impossible à décrire comme sensation.
Je m'étais juré de ne pas être un blaireau de touriste lambda, notamment en ne me tapant pas la sempiternelle visite des châteaux locaux. Mais là, le fort troglodytique... J'étais obligé, merde. Et ben c'était super. Déjà pour monter, il faut prendre un escalier fixé à la roche, c'est juste un peu flippant. Moi qui ai fait de l'escalade pendant des années, j'avais limite le vertige. Bien content d'être arrivé dans le fort. Enfin le fort... En fait ce devait être initialement une cavité naturelle, et elle a été vaguement aménagée en fort, genre le dernier refuge en cas d'attaque. A la fois impressionnant et, d'une certaine façon, émouvant. De la même façon que l'impression de sentir la continuité de l'Histoire, impossible de décrire cette émotion. Alors autant faire simple. C'était chouette.
N'ayant que très peu marché, je me suis dit que je pourrais aller me faire un autre château dans l'après-midi, et je suis donc allé dans les jardins du château de Marqueyssac. Trop d'enthousiasme tuant l'enthousiasme, je vais faire sobre: c'était très joli. J'irais même jusqu'à dire que ce ne doit pas être désagréable d'avoir un jardin comme celui-là. Par contre ça doit demander de l'entretien. Petite balade de sept ou huit bornes, c'était sympa.
Ce soir, je crois que je vais éviter le restau. Non pas que j'en aie marre du canard, c'est juste que l'hôtel est un peu plus cher que d'habitude, on va essayer de compenser. J'espère juste qu'il y a moyen de dégotter un sandwich dans ce bled.
Day Five - Rise of the flying ants
Enorme. Ce qui vient de se produire est tout simplement énorme.
En sortant de la salle de bains de ma chère mais immense chambre, je suis tombé sur une fourmi ailée. Puis deux. Puis trois. Puis vingt. Puis beaucoup trop pour qu'un insectophobique dans mon genre puisse conserver son flegme proverbial. J'ai d'abord cru avoir merdé en laissant la fenêtre ouverte avec la lumière allumée, mais en fait non, après vérification, je l'avais bien refermée, les fourmis arrivaient en réalité en masse par un interstice dans le cadre de la fenêtre. Non seulement des fourmis ailées comme celles qui virevoltaient partout dans la chambre mais aussi de modestes ouvrières qui entreprenaient de descendre le long du mur. Argh.
Me voyant mal dormir au au coeur d'une invasion, je suis allé voir la réception de l'hôtel, et le résultat, c'est que je suis à présent dans une chambre encore plus chère, la seule qui restait. Mais comme ce n'est pas de ma faute, je ne paierai pas plus cher. Wouhou!
Technique à retenir pour obtenir un surclassement en chambre de catégorie supérieure: l'invasion de fourmis.
Day Five - I'd rather melt down
Il faut dire ce qui est, il crève de chaud.
Mais pas question que j'ouvre ma fenêtre ce soir.











Commentaires
Ouh dis donc t'as une jolie peau, t'as fait un gommage? (ahah. hem)
Ouais, j'me demande si le papier de verre n'était pas un peu trop costaud comme exfoliant...