C'est comment ?
Par Marie-Shirley le dimanche 11 janvier 2009, 14:06 - Lien permanent
Je sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, c'est la deuxième fois que je fête mon anniversaire au Cameroun. Pour fêter ça, j'ai décidé de m'offrir un petit déjeuner continental ce matin, ça m'a aussi permis de me remettre de mes émotions de la veille, qui fut une journée chargée un peu quand même.
Yaoundé a cette particularité que la Carla Bruni locale sort régulièrement accompagnée de son escorte, et les rues de la villes (souvent les plus passantes) sont fermées à la circulation pendant plusieurs heures avant et après son passage. Hier matin, Madame avait rendez-vous chez son coiffeur si mes sources sont exactes, ce qui n'est pas une mince affaire, je vous invite à faire une recherche sur Google images pour voir le résultat. Sauf qu'hier matin, j'avais moi aussi prévu de sortir, pas pour aller me faire rafraîchir au Hilton mais pour rapporter des souvenirs locaux aux proches. On devait venir me chercher à 10h, mais finalement, c'est moi qui ai dû me déplacer en taxi. Seule.
Encore un petit aparté pour vous décrire le système des taxis au Cameroun et en Afrique Francophone en général : ce sont des taxis collectifs, ce qui signifie que tant qu'il y a des places assises de libres et de clients pour les occuper, le taxi prendra en charge toutes les personnes qui lui feront signe. Un taxi = 5 places assises, chauffeur exclus, je vous laisse imaginer ce que ça donne quand toutes les places sont occupées. J'ai donc opté pour ce que l'on appelle ici un "dépôt", c'est-à-dire que le chauffeur n'avait que moi comme passagère, et qu'il m'a déposée là où je voulais. C'est un peu plus cher, mais c'était aussi beaucoup plus rapide que de quadriller la ville dans tous les sens avant d'atteindre mon but, sachant, je vous le rappelle, que la moitié de la ville était paralysée et que je devais emprunter un itinéraire bien précis pour avoir un trafic fluide.
Arrivée à proximité de la maison où m'attendait la Dame qui m'accompagnait faire mon shopping, un policier nous annonce que la route est fermée. Pas de voiture autorisée. Je suis donc descendue, après avoir remercié et payé mon taxi clandestin, sauf que voilà, impossible de retrouver la maison que je cherchais. J'ai fini par aller demander mon chemin aux policiers, toute craintive. J'ai fini par passer un coup de fil depuis mon portable (appel international, j'imagine à peine la gueule de la facture à la fin du mois), et en attendant mon hôtesse, les policiers m'ont invitée à réguler la circulation avec eux.
"Je veux bien, mais vous savez moi j'ai pas l'uniforme, je pense que les conducteurs ne vont pas me prendre au sérieux.
- Mais si, mais si, mettez-vous à côté de nous, et indiquez le chemin à la voiture, là !"
"Aaaah, comment, la voiture est passée, vous ne lui avez pas indiqué, comment il va savoir où se garer ?"
Finalement, je n'ai pas pu prendre mes fonctions de policère Camerounaise puisqu'on est venu me chercher assez vite, je suis donc allée acheter mes souvenirs avant de rentrer à l'hôtel attendre 19h que mes collègues m'emmènent manger le poisson grillé dans le quartier Essos, au restaurant l'Oasis.
Le quartier Essos, c'est l'endroit où vous trouverez un maximum de bars et de restaurants à la mode. L'Oasis fait partie de ces endroits tendance, où l'on boit un verre et on mange du poisson grillé (ou du poulet grillé, mais la spécialité c'est vraiment le poisson). Le restaurant est fait de telle manière que lorsque vous êtes assis, vous partagez souvent votre table avec les gens assis à côté de vous, ce qui en soi n'est pas dérangeant parce que tout le monde à l'air de se connaître (enfin c'est l'impression que j'ai eue). Le poisson grillé, c'est vraiment délicieux, même quand on n'est pas fan du poisson ailleurs que dans les sushis, si vous allez à Yaoundé, goûtez le poisson grillé, c'est un des plats pas trop gras que vous pourrez manger si vous faites attention à votre ligne.
Et je vous parle même pas de l'ambiance. Il était à peine 20h, c'était déjà presque plein, et certains étaient déjà bien entamés (les bières là-bas font 65cl et pas 33cl). Ce couple à la table de derrière justement en faisait partie. Monsieur tenait à peine debout et Madame le provoquait, recevant en retour une ou deux tartes. Après s'être chamaillés, Madame a décidé de partir, pour mieux revenir un quart d'heure après. La réconciliation n'a pas duré longtemps, il n'a pas fallu dix minutes pour voir un plateau de poisson voler au milieu de la pièce, Madame se lever et verser le contenu de sa blère sur la tête de Monsieur avant de se prendre une rouste mémorable, et les amoureux on fini de se taper dessus sous les regards outrés des clients du restaurant (dont je ne faisais pas partie, moi j'avais surtout peur de ramasser un gnon perdu dans cette baston générale). Une fois le calme revenu, nous avons appris que Madame n'avait pas supporté que Monsieur dise devant elle qu'une serveuse était jolie.
J'imagine que vous vous dites "Mais comment ont-ils pu laisser ce type frapper sa femme/compagne ?", je vous répondrai que c'est pas ce qu'on fait ici. En France, le mec se serait fait casser la gueule pour avoir levé la main sur une femme, ici on se débrouille, mais je vous 'rassure', Madame avait du répondant. Ce qui a choqué les clients du restaurant par contre, c'est qu'elle balance le plat de poisson et surtout qu'elle ose verser sa bière sur la tête de son mec. Gaspiller la bière, c'est vraiment un sacrilège ici. Moi j'ai trouvé ça très fort, mais les Camerounaises ont un caractère en acier trempé, ça ne m'étonne absolument pas. Mes collègues ont fini par admettre que Monsieur aurait pu s'abstenir de dire ce qu'il a dit, mais que quand même "vider la bière sur la tête comme ça en public, ça se fait pas".
Voilà, c'était l'avant-dernier jour de mes aventures camerounaises, je reprends l'avion demain soir bien contente de mon séjour. Je vais finir ma cure de makossa devant Canal 2, je vous fais plein de poutoupoutous et n'oubilez pas vos antipaludéens.
Bisou !








Commentaires
ça dépend en fait... la (bou) bière, elle coûte cher là-bas ?
Ben la bière, ça pousse pas sous les arbres là bas ?
Amuses toi bien poulette ! Et contente de te retrouver !
Chère Twickette,
Recherchant le blog où tu postais, j'en suis arrivé à taper innocemment Adrenalynn sur gougole... et vlaty pas que je découvre qu'il n'y a qu'une et une seule Adrenalynn... (je vous laisse chercher).
J'aimerai bien avoir quelques explications, merci!
Bien cordialement,
PS: Je suis choqué
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